La tenue bigarrée des femmes Pà Then
Mettre à jour: 04 Mars 2014
L’ethnie Pà Then, forte de 5.000 membres, vit dans le Nord du Vietnam. Parmi ses traits culturels, l’un des plus remarquables est la tenue traditionnelle de ses femmes.

Dans les provinces septentrionales de Hà Giang ou Tuyên Quang, les visiteurs ont la chance de pouvoir admirer les costumes féminins rouge vif de l’ethnie Pà Then. Une tenue traditionnelle qui permet de les reconnaître instantanément... à bonne distance. La premièrs fois qu’ils rencontrent des femmes de cette ethnie, beaucoup de gens les confondent avec les Dao ou H’Mông. Mais en regardant plus attentivement, ils distingueront des traits distinctifs. Parce qu’ils vivent en altitude, confrontés à un climat versatile, aux frimas l’hiver, les femmes Pà Then se protègent des pieds à la tête.

Comme beaucoup d’autres groupes ethniques vivant au Vietnam, les Pà Then cultivent du lin pour obtenir des fils pour le tissage du brocart et des tissus. La plupart des jeunes filles ont appris à tisser et à coudre des vêtements de leur mère.

Selon la tradition des Pà Then de Bac Quang (Hà Giang) une jeune femme qui se prépare à se marier doit confectionner elle-même l’ensemble de son costume. La tenue n’est donc pas seulement un vêtement, c’est aussi un signe de maturité, d’appartenance au monde des adultes. Le turban ressemble un peu à celui des Kinh (ethnie majoritaire Viêt) mais il est beaucoup plus large (30 cm). Une fois déroulé, il fait 5 m de long.

La partie externe est finement brodée et colorée. Des deux côtés pendent de nombreux filaments rouges et jaunes qui encadrent harmonieusement le visage de la femme. La partie qui demande le plus de travail n’est pas le turban mais la veste. Autrefois, les femmes la tissaient entièrement. De nos jours, elles achètent souvent des tissus au marché pour ensuite les assembler. La poitrine est la partie la plus travaillée. Toute en brocart, elle est souvent accompagnée d’un plastron composé de pièces de monaies (piastres de l’Indochine), qui produisent un doux cliquetis. Sous leur veste, elles portent un couvre-sein, de forme carrée, brodée de rouge et jaune.

Leurs jupes sont très originales et très recherchées. Toujours en rouge vif, elles comportent des plis dans l’ourlet supérieur et des broderies sur les deux côtés. La face avant n’a pas de décorations ou juste des motifs simples. La ceinture est un long tissu blanc ou noir qui est attaché autour de la taille, avec les deux extrémités tombant devant. S’ajoutent à cette panoplie colorée quatre colliers en argent, qui se détachent bien sur le rouge de la veste.

Ces vêtements sont le plus souvent portés lors des grandes occasions, notamment le Têt, les fêtes de villages, les mariages, mais parfois encore dans la vie quotidienne. Une tradition séculaire, qui mérite d’être préservée.  

 
 

 

AVI