
La Voix du Vietnam remonte le temps, à la découverte
de Phô Hiên, un ancien centre de commerce international très animé du Vietnam
au XVII e siècle.
À une cinquantaine de kilomètres de la capitale, Phô Hiên était jadis la
ceinture de sécurité naturelle de la capitale. Phô Hiên, renommée « trấn Son
Nam », littérallement « Défense des montagnes du Sud», a fait son apparition au
VIII e siècle.
Il s’agit effectivement d’un port fluvial, situé au Nord-Est de la capitale
Thang Long où transitaient des milliers de bateaux étrangers. Notamment des
Chinois, des Japonais, des Siamois, des Malais, des Philippins et des
Occidentaux.
À cette époque, Phô Hiên, comptait une vingtaine de quartiers, 32 firmes
commerciales, quasiment toutes chinoises : Tân Thị, Tân Khai, Tiên Miếu, Hậu
Trường… et 2 comptoirs occidentaux: l’un Hollandais de 1637 à 1700 et l’autre
Britanniques de 1672 à 1683.
Ce comptoir de commerce et de culture a même été considéré comme une petite
Tràng An, ce qui veut dire « la capitale en minuscule ». À l’époque, personne
n’ignorait le dicton populaire qui disait « Le numéro 1 est la capitale, le
numéro deux est Phô Hiên.»
Après un demi-siècle de prospérité, Phô Hiên déclina et le vieux port subit
l'érosion riveraine du Fleuve Rouge et la rupture des digues. Toutefois, les
monuments architecturaux ont échappés aux affres du temps et les rues
conservent un ensemble architectural ancien comportant 60 vestiges historiques,
100 stèles et plusieurs pagodes et temples.
Le plus remarquable est sans doute le temple de la littérature Xích Đằng, qui
s’étend sur une superficie de 4 mille mètres carrés . Ce bâtiment a été érigé
au 17 ème siècle, et fait partie des 6 temples de la littérature conservés
jusqu'à ce jour. Dans ce temple, on trouve les 9 stèles où sont gravés les noms
de 161 lettrés et diplômés issus des deux provinces de Hung Yen et de Thai
Binh.
Phô Hiên est aussi réputé pour ses longanes, petit fruit au gout
délicieux et savoureux, à chair épaisse, à peau mince, et à petite graine ,
très prisés des oiseaux. Pour les protéger on les enfermes sous des filets, une
technique qui leurs donna leur nom vietnamien ‘nhan long’ signifiant « longane
en cage ». Jadis, ce petit fruit délicat n’était réservés qu’aux rois.