Un marché cambodgien au cœur de Hô Chi Minh-Ville
Mettre à jour: 30 Mars 2015
Depuis déjà fort longtemps, le marché Lê Hông Phong dans le 10e arrondissement est connu pour ses spécialités du Cambodge, ce qui fait dire aux initiés qu’il s’agit du marché cambodgien au sein de Hô Chi Minh-Ville.

Situées dans la ruelle 374, rue Lê Hông Phong, les boutiques spécialisées sont tenues par des Cambodgiens qui ont tenté l’aventure au Vietnam ou encore des Viêt kiêu du Cambodge. Au début, ils étaient très peu nombreux puis de fil en aiguille leurs ventes se sont améliorées. Ils ont donc convié à leurs côtés d’autres compatriotes  et le marché du Cambodge s’est imposé au cœur de la mégapole du Sud.

Le marché cambodgien est animée toute la journée. Une ambiance particulière où les spécialités culinaires du Cambodge ne manquent jamais et qui rappelle le pays des pagodes et des temples. Les spécialistes retrouveront en ces lieux le stockfisch Trèn, le prahok, le jerky cambodgien (viande séchée et salée de bœuf), le palmier à sucre, la feuille de margousier… mais aussi de la bière, du lait et des boissons gazeuses importés du Cambodge.

Quelques plats vedettes du marché ? Les vermicelles de type Num bò chóc, le kuy teav (porc et nouilles aux fruits de mer), la compote liquide de potiron. Tout est bon marché,  de 5.000 à 40.000 dôngs/plat.

Le restaurant de vermicelle Tu Xê est bien connu par les Saïgonnais depuis des décennies. Ici, on peut commander le fameux vermicelle Num bò chóc. Mais à Tu Xê, il y a un véritable foisonnement de mets provenant du Tonlé Sap et de sa région (les poissons séchés ou stockfisch Tra, le stockfisch Trèn, le prahok cuisiné à base de nombreux poissons, la compote liquide de palmier et les pousses de margousier...

Pour le vermicelle Num bò chóc, il faut parfois faire la queue pour pouvoir en profiter. En effet, le resto n’ouvre que de 07h00 à 10h00. Alors précipitez-vous.

Mme Tu Xê raconte : «Maintenant, je suis âgée, mais pour avoir de bons produits, je dois aller à Châu Đôc deux ou trois fois par semaine ainsi qu’au Cambodge...». Outre les clients vietnamiens, la patronne reçoit aussi des touristes étrangers. Ça se comprend, elle est la seule à faire ce plat en ville : «Il n’y a pas d’autres endroits où trouver ce plat, ainsi tout le monde veut goûter une fois ce plat chez moi». Elle précise d’ailleurs : «Maintenant, quand vous entendrez le nom Tư Xê, vous penserez immédiatement aux vermicelles Num bò chóc».

Au marché, ces poissons sont rois. On les retrouve pendus à de très nombreux stands. Chacun a sa salaison spécifique et caractéristique de la culture cambodgienne. On remarquera les longs pangasiidés (poissons-chats appartenant à l’ordre des Siluriformes). Ils peuvent mesurer plus d’un demi-mètre et sont très reconnaissables à leurs couleurs orangées très accrocheuses, de même que le danio dangila..

De la compote liquide en dessert

Si vous êtes gourmand, la compote liquide cambodgienne est un plat pour vous. Servie dans de gros bols, elle a des saveurs complexes notamment celle au potiron concentré et cuite à petit feu. On pourra y ajouter toutes sortes d’ingrédients comme du lait, de l’œuf, un peu de durian et du tamarin. Un pot de compote liquide bien mélangée vous donnera un sentiment inoubliable.

Mais il ne faut pas passer sous silence des gâteaux khot chauffés dans des moules en argile, des bánh lot cuits avec du lait de coco, les feuilles d’ananas sucrées, la soupe de dolique aux épinards bouillis... Bref, il suffit de passer une matinée au marché pour y découvrir des tas de nouvelles choses.

Les visiteurs sont non seulement des habitants du quartier mais aussi ceux vivant à Cu Chi ou dans les 4e et 8e arrondissements... De plus en plus de Vietnamiens viennent au marché, notamment des anciens combattants qui ont connu les champs de bataille du Cambodge… Le marché nourrit une clientèle large et devient une destination touristique très intéressante.

CVN